Rencontres dans la foret japonaise
(Article paru dans le Bulletin de l'Akita-Club Belge n° 1/2009)

La passion pour nos petits japonais nous amène parfois très loin ! C’est comme ça que par un heureux concours de circonstances, mes recherches sur l’Hokkaido Ken m’ont menées jusqu’au pays du soleil levant…
Au départ de Tôkyô, la ville semble interminable. Puis, au fur et à mesure que l’autocar s’enfonce dans l’intérieur du pays, la plaine fait rapidement place à de hautes montagnes. L’architecture des petites maisons ne laisse plus de doute, après en avoir rêvé pendant des années, je suis bien au Japon !
Les montagnes deviennent de plus en plus hautes et sont couvertes d’épaisses forets où se mêlent le vert sombre et le rouge et or des feuilles en cet automne. Les chaînes les plus hautes ont leurs sommets déjà couverts de neige.
La province de Nagano se dévoile au fil des petites vallées, de ses rizières, des bords du lac Suwa que surplombent les montagnes de Yatsugatake.
J’arrive chez mon hôte. Je suis accueillie par les aboiements des cinq Hokkaido de la maison, objets de ma visite ici.
Trois adultes roux gardent l’avant de la maison : Sen, Ryo et Haku. Les deux jeunes blancs sont à l’arrière : Satsuki et Nana. C’est dans la maison que se fera la rencontre avec le petit Satsuki et sa soeur, moment tant attendu ! Les deux jeunes Hokkaido ne se lassent pas de gratouilles et de bisous…
Après une grosse journée de voyage, un repos bien mérité. Les Onsen (sources chaudes japonaises) sont un vrai délice après 12 heures d’avion et 4 heures de car…

Après une bonne nuit de sommeil, nous nous levons aux aurores pour partir en ballade dans la forêt avec les cinq Hokkaido. Les chiens trépignent déjà d’impatience dans la voiture ! Leur maître étant à la retraite, ils ont l’habitude de se promener en montagne 2 heures tous les matins et tous les soirs.
La voiture démarre et nous serpentons bientôt sur les petites routes de montagne, puis sur les chemins forestiers. Il paraît que dans les forêts de la région vivent des sangliers, des cerfs, des singes… et des ours !
Arrivés à destination, nous descendons tous de la voiture. Les Hokkaido, heureux de se moment de liberté, commencent à renifler les pistes laissées cette nuit par les animaux de la forêt. En montant le petit chemin, nous apercevons des « lits » de cerfs. Les cinq chiens partent explorer les alentours. Toutes les 5 – 10 minutes, ils reviennent un a un vers leur maître pour quelques câlins et repartent en chasse.
Au bout de quelques temps, je ne vois plus aucun des chiens. Observant les alentours, je vois débouler à toute allure un gigantesque cerf qui traverse le chemin à quelques petits mètres devant nous, poursuivit par toute la meute d’Hokkaido ! Quel spectacle impressionnant de voir à la fois un si bel animal de près et d’observer les Hokkaido dans leur travail premier, ce pourquoi ils ont été sélectionnés : la chasse ! Et ils le font à merveille…
M’inquiétant pour l’animal, je demande à mon hôte ce qu’il va advenir du grand cerf… Il me répond en souriant que, là, les chiens « jouent » et qu’il n’attraperont pas l’animal. Effectivement, quelques minutes plus tard, les Hokkaido finissent par revenir, et nous poursuivons notre ascension dans la montagne.
En route mon hôte me raconte que Ryo c’est déjà fait cassé la patte par un sanglier. Brrr ! Mais visiblement, cela ne l’a pas empêcher de bien se remettre et de continuer à gambader des heures dans la forêt.
Les jours suivants, nous observons le même rituel : levé à l’aube et ballades dans les montagnes environnantes accompagnés des Hokkaido. Les propriétaires d’Hokkaido de la région se connaissent tous. Certains chassent régulièrement avec leurs chiens. J’ai l’occasion de rencontrer le père des deux jeunes chiots blancs : un beau mâle roux, de superbe gabarit, et surtout avec un excellent caractère !
Je visite aussi leur « centre canin » : sorte de base avec quelques enclos et des niches où les jeunes Hokkaido passent leur temps à partir de deux mois. Ils sont en compagnie de chiens adultes et passent cinq heures par jours dans la montagne à travailler leur endurance et à apprendre à chasser. Le centre ferme l’hiver.
Mais voilà, la semaine arrive très vite à son terme, et il faut repartir… Je suis triste de quitter cette famille qui m’a si bien accueillie et ce pays que j’adore, même si je ne rentre pas seule, puisque Satsuki prendra l’avion avec moi.
Pendant mon voyage, j’ai eu aussi l’occasion de rencontrer plusieurs maîtres de chiens japonais, éleveurs ou non, avec qui j’ai eu plaisir à parler de nos chers nippons sans tabou. Je pense à un éleveur de Kishu en particulier, dont la première question concernât la santé de nos chiens, ce qui fût, quelque part, une agréable surprise. J’ai beaucoup appris sur l’Hokkaido en allant là bas : une magnifique expérience, en immersion totale !
Sophie Streissel
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